Jeudi 14 juin 2007
Si vous voulez entendre la voix de Char, allez sur le site de l'émission 2000 ans d'histoire et écoutez l'émission du 14 juin http://www.radiofrance.fr/franceinter/em/2000ansdhistoire/
par leprofesseur publié dans : René Char
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Jeudi 24 mai 2007

On parle beaucoup en ce moment de la lettre de Guy Môquet, ce jeune communiste fusillé par les Allemands.

La voici en complément aux textes de Char.

Ma petite maman chérie,

mon tout petit frère adoré

mon petit papa aimé"

"Je vais mourir ! Ce que je vous demande, toi, en particulier ma petite maman, c'est d'être courageuse. Je le suis et je veux l'être autant que ceux qui sont passés avant moi. Certes, j'aurais voulu vivre. Mais ce que je souhaite de tout mon cœur, c'est que ma mort serve à quelque chose. Je n'ai pas eu le temps d'embrasser Jean. J'ai embrassé mes deux frères Roger et Rino. Quant au véritable je ne peux le faire hélas ! J'espère que toutes mes affaires te seront renvoyées elles pourront servir à Serge, qui je l'escompte sera fier de les porter un jour. A toi petit papa, si je t'ai fait ainsi qu'à ma petite maman, bien des peines, je te salue une dernière fois. Sache que j'ai fait de mon mieux pour suivre la voie que tu m'as tracée.

Un dernier adieu à tous mes amis, à mon frère que j'aime beaucoup. Qu'il étudie bien pour être plus tard un homme.

17 ans 1/2, ma vie a été courte, je n'ai aucun regret, si ce n'est de vous quitter tous. Je vais mourir avec Tintin, Michels. Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c'est d'être courageuse et de surmonter ta peine.

Je ne peux en mettre davantage. Je vous quitte tous, toutes, toi maman, Serge, papa, en vous embrassant de tout mon cœur d'enfant. Courage !

Votre Guy qui vous aime

Guy

Dernières pensées : "Vous tous qui restez, soyez dignes de nous, les 27 qui allons mourir !

par leprofesseur publié dans : René Char
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Mardi 22 mai 2007
 
 

Vous qui faites profession de parler, professeurs, acteurs, avocats, toutes sortes de rhéteurs, vous dont le métier quotidien passe par le chant, qui devez porter votre voix hors du corps pour en remplir un espace jusqu’au mur du fond et qui avez à soulever une colonne d’air vibrante au-dessus de la gorge comme un tourbillon de feu, sonorités intenses et inflexions exquises, sachez que tout vient de l’assise, de l’assiette, de la tenue à terre, de la sustentation, de la prise animale du sol par la plante des pieds, de l’accrochage solide à de longues racines par les orteils, que je ne sais quelle source brûlante vient de je ne sais quel courant chthonien et que tout monte le long des colonnes musculaires des jambes, des cuisses, des fesses et de l’abdomen, que cette voix qui crie ou qui dit, qui signifie, doit son inspiration profonde à cette fondation, et que vous ressemblez ce jour, ce soir ou cette nuit à l’antique Pythie qui ne pouvait dire ou signifier qu’au-dessus des vapeurs émanées du centre de la terre, vous pouvez les capter avec les membres inférieurs : la voix vole si les ailes du verbe vous poussent aux chevilles ; vous reconnaîtrez que vous pouvez parler, chanter, incarner le verbe dans votre corps au bonheur des genoux et des métatarses. La musique, le sens, comme l’extase sont issus de ces ressorts. La voix volante vient de la terre, par le corps-volcan. L’âme vente de plain-pied.


Michel Serres Les Cinq Sens p.350

par leprofesseur publié dans : René Char
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Samedi 12 mai 2007

 

 

On y est arrivé !!! Merci à tous pour ce bon spectacle que la municipalité nous a demandé de rejouer en octobre.

"Les Feuillets d’Hypnos­, qui paraissent en volume en 1946, rassemblant 237 fragments écrits entre 1943 et 1944, ne sont pas seulement un témoignage sur la Résistance écrit dans une langue magnifique, c’est aussi une réitération, dans une perspective plus vaste­ et plus concrète, de la profession de foi du jeune surréaliste dans le pouvoir de la poésie, infiniment plus efficace que le pouvoir de la politique et de ses bavardages."

Lire le portrait de Char ici http://www.telerama.fr/livres/M0705071111027.html

par leprofesseur publié dans : René Char
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Mardi 8 mai 2007

Flash back sur une période tragique : la 2nde guerre mondiale

 

Lyon, un passé, une histoire à transmettre aux générations futures.

Ce Vendredi 4 Mai, nous avons visité Lyon dans le cadre d’une sortie scolaire sur le thème de la résistance, du souvenir. Parmi les principales visites et entrevues liées à l’occupation pendant la guerre de 1939-1945, voici celles qui m’ont le plus interpellée.

Nous voici dans le cimetière de la Doua. C’est là que sont enterrés tous ceux (français et étrangers) qui ont succombé à l’ennemi au cours des diverses guerres que notre pays a connues. J’ai été impressionnée, bouleversée par le nombre de croix alignées.

Notre guide nous montre un mur appelé : " Mur des Fusillés " en mémoire des résistants de la Seconde guerre mondiale

J’ai relevé une phrase gravée sur une pierre tombale que je trouve émouvante : " Ici est la tombe de qui n’en a pas " et j’imagine alors les corps de ces braves qui n’ont pas eu de stèle.

Nous voici stationnant devant la maison où un résistant, parmi les plus célèbres, a œuvré pour libérer notre pays ; à cet endroit même où il a été arrêté. Son nom est connu de tous : Jean Moulin. Le guide explique que cette bâtisse était un cabinet médical, elle était donc régulièrement fréquentée. C’est pour cela même que Jean Moulin y faisait ces réunions afin de ne pas éveiller les soupçons.

J’apprends avec beaucoup d’émoi que son arrestation a pour origine la négligence d’un résistant qui n’aurait pas signalé que la Gestapo avait repéré le lieu où étaient déposés les messages dont l’un d’eux indiquait un rendez-vous dans cette demeure. Une plaque commémorative rappelle le nom de cet illustre résistant et les circonstances de son arrestation.

En début d’après-midi, visite du musée de la résistance et de la déportation. Mon choix se porte sur cette visite où l’on trouve beaucoup d’informations sur cette période et, je l’ai donc trouvée fort intéressante dans son ensemble. On y parle du travail des femmes dans la lutte contre l’ennemi, et notamment de Lucie Aubrac, une des figures emblématiques de la résistance féminine. J’observe avec beaucoup de respect et d’admiration sa photo affichée.

Notre visite s’achève par la rencontre avec un résistant qui nous confie sa vie quotidienne à cette époque. Agé de 20 ans en 1940 il débute dans la résistance en distribuant journaux et tracts communistes.

De souche juive et habitant Paris, il s’installe à Lyon près d’un membre de sa famille où il devient le chef du bataillon Carmagnol (groupe de résistants)

Il quitte Lyon pour les Alpes Maritimes suite à l’arrestation de son beau-frère. Une anecdote surprenante : son transfert dans le sud se fait à l’aide de papiers d’identité précisant qu’il a 16 ans alors qu’il en a réellement 22.

Au cours de cette journée le moment que j’ai le plus apprécié est cette entrevue car j’ai été admirative devant ce courage et l’esprit dynamique de cet homme dont on ressent bien l’attachement à faire passer un message de paix pour les générations à venir.

Armony

par Armony publié dans : René Char
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