Maxime nous a quittés après une longue maladie. Suite à la demande de ses camarades, voici trois poèmes proposés par des professeurs de français qui ont eu Maxime pour élève. Le premier sera dit par deux élèves lors des obsèques de Maxime.
Au fond du coeur
Au fond de notre coeur, un beau jour, le beau jour de tes yeux continue. Les champs, l'été, les bois, le fleuve. Fleuve seul animant l'apparence des cimes. Notre amour c'est l'amour de la vie, le mépris de la mort. A même la lumière contredite, souffrante, sans croissance ni fin, un jour sur terre, plus clair en pleine terre que les roses mortelles dans les sources de midi.
Au fond de notre coeur, tes yeux dépassent tous les ciels, leur coeur de nuit. Flèches de joie, ils tuent le temps, ils tuent l'espoir et le regret, ils tuent l'absence.
La vie, seulement la vie, la forme humaine autour de tes yeux clairs.
Eluard
La Voix
Une voix, une voix qui vient de si loin
Qu'elle ne fait plus tinter les oreilles,
Une voix, comme un tambour, voilée
Parvient pourtant, distinctement, jusqu'à nous.
Bien qu'elle semble sortir d'un tombeau
Elle ne parle que d'été et de printemps,
Elle emplit le corps de joie,
Elle allume aux lèvres le sourire.
Je l'écoute. Ce n'est qu'une voix humaine
Qui traverse les fracas de la vie et des batailles,
L'écroulement du tonnerre et le murmure des bavardages.
Et vous ? Ne l'entendez-vous pas ?
Elle dit : " La peine sera de courte durée."
Elle dit : " La belle saison est proche."
Ne l'entendez-vous pas ?
Desnos
Trop loin
Tout se passe en silence
Le ciel est rétabli
Le soleil se balance
On vit sans rien de plus dans la douceur du sang
Où es-tu maintenant
Les jours se suivent se ressemblent
Les mains fragiles se rassemblent
Et la lumière est dure
L’homme a perdu son ombre au fond de la verdure
J’écoute
C’est bien moi
Je suis seul sur la route
Mon passé sur le dos
Dans ma gorge enflammée un bouquet de sanglots
Cadou